Lutte contre les marées noires

16 04 2011

Les marées noires font parties des spectacles écologiques les plus tragiques du monde actuel. Les images fréquentes de plages polluées mettent en évidence la difficulté pour lutter contre ces catastrophes. Mais quelles solutions possédons nous pour éviter qu’une marée noire atteigne le rivage et qu’elle épargne l’écosystème marin ?

Commençons par rappeler que le pétrole n’est pas miscible dans l’eau et qu’il est moins dense. Ces deux propriétés font que le pétrole forme des nappes surnageantes à la surface de l’eau. Ainsi il est possible de confiner les nappes à l’aide de barrage ou de les récupérer directement depuis un bateau. Cette technique reste limitée pour plusieurs raisons. Principalement c’est l’évaporation des composés les plus légers du pétrole qui pose problème. En effet, cette évaporation entraîne une augmentation de la densité du pétrole jusqu’à que les nappes finissent par s’enfoncer sous la surface de l’eau. Lors de grosses marées noires, il est difficile de récupérer toutes les nappes avant que ce phénomène intervienne.

 Une deuxième solution consiste à brûler les nappes de pétrole. Cette méthode est rarement employable car les nappes sont souvent trop pauvres en composés inflammables pour pouvoir brûler. De plus, la combustion du pétrole brut engendre des fumées extrêmement nocives pour le vivant. Cette solution n’est donc employée que dans des zones éloignées des populations, comme en Antarctique par exemple.

Finalement la solution la plus employée est celle de la dispersion. Cette méthode consiste à déposer des tensio-actifs sur les nappes de pétrole. Les tensio-actifs sont des molécules qui possèdent à la fois une affinité pour l’eau et pour les huiles (donc le pétrole). Lors de leur dépôt sur une nappe, les tensio-actifs se placent de manière privilégiée à l’interface entre le pétrole et l’eau. Cette présence abaisse l’énergie nécessaire pour créer une interface eau/pétrole. Les tensio-actifs, aidé de l’agitation de la surface de la mer par le vent, favorisent donc la dispersion des nappes en fine gouttelettes. L’utilisation de tensio-actifs peut surprendre car elle n’élimine pas le pétrole de la mer. Il est vrai que la présence de pétrole, même sous forme des fines gouttelettes, reste nocive pour la faune et la flore marine. Cependant la dispersion permet aux courants marins de diluer plus rapidement le pétrole et donc d’amoindrir sa toxicité. De plus, la dispersion évite le dépôt des nappes sur le rivage. Enfin, elle permet d’augmenter la surface d’échange entre les gouttes de pétrole et l’eau, ce qui accélère la dégradation du pétrole par le milieu naturel.

A l’image des premières solutions, la dispersion n’est pas systématiquement utilisable. En effet la viscosité du pétrole augmente lors d’un contact prolongé avec l’eau. Ce phénomène rend l’efficacité des dispersants plus faible et oblige à les utiliser uniquement dans les premières heures suivant l’accident. A cette difficulté se rajoute celle de l’épandage d’une grande quantité de tensio-actifs sur les nappes, en particulier lors d’un fort vent ou en condition nocturne.

Les méthodes envisageables pour lutter contre les marées noires n’apparaissent donc pas efficaces. Il est donc de première importance de prévenir de manière drastique ces catastrophes pour limiter leurs conséquences néfastes sur l’environnement. La méthode de prévention des marées noires de l’artiste Daniel Beltra est de réaliser d’angoissant clichés de ce phénomène.


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